Christian Zolesi

Christian Zolesi

Directeur Conseil - Qualité et Risques Produits - GreenFlex

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Le principe du label Quel Choisir : une note est attribuée à des produits, à partir des résultats de tests comparatifs publiés dans son magazine. Une entreprise peut obtenir le label lorsque la note de son produit est égale ou supérieure à 14/20. Et le magazine indépendant (financé habituellement par les seuls abonnements) fait ici payer une licence d’utilisation du label aux entreprises qui souhaitent l’arborer sur leurs produits
 
Quelques remarques en illustration de la problématique des labels que les caractéristiques de celui-ci ne viennent malheureusement pas résoudre, preuve en est :
 
D’abord,  ce label sera présenté au consommateur comme un gage de qualité totale (si l’on s’en tient au seul logo apposé) alors qu’en réalité, les critères utilisés ne sont pas suffisants dans cette optique. En effet, au-delà des critères d’usage certes importants, la lecture régulière des études Que Choisir révèle que les critères de sécurité des produits sont envisagés de manière partielle, souvent partisane (cf le cas des substances polémiques par exemple), et sans véritable analyse de risques permettant de qualifier le risque de manière objective. Quant à la conformité réglementaire, n’étant en général pas abordée ou alors de manière incomplète, elle n’apparaît pas non plus comme garantie par le label a priori.
 
Ensuite et surtout, le financement de ce label par une licence payante (et finalement coûteuse : de 4000 à 24000 € comme annoncé) pourrait définitivement dévoyer la louable approche de départ d’une association comme celle-ci (éclairer le consommateur dans ses choix), avec le risque que ne soient "surnotés"  certains produits proches de la note limite (14) permettant ainsi à l’entreprise d’acheter la licence…. Et l’intervention d’une tierce partie (qui aura en charge la commercialisation de la licence), mise en avant par l’association comme étant de nature à résoudre l’essentielle question de l’indépendance, n’est pas très convaincante de ce point de vue quand on sait qu’il s’agit d’un organisme de certification bien sûr mais avant tout … d’un laboratoire de tests !
 
Un article rédigé par Christian Zolesi et Sylvie Pugnet, avocat.