Sommes-nous à l’aube d’une nouvelle révolution agricole portée par le numérique ? Pas du tout, la révolution numérique est déjà bien en marche ! A l’opposé de l’image d’Epinal, le monde agricole est en réalité un « early adopter », ayant bien compris les bénéfices que peuvent leur apporter les outils digitaux ! Gain de temps, meilleur rendement, baisse de la pénibilité du travail, hausse de l’attractivité de la filière et revenus complémentaires sont évidemment cités. De plus, la transformation numérique du secteur agricole est porteuse d’effets positifs sur l’environnement puisqu’elle permet de réduire l’utilisation d’intrants  (engrais, produits phytosanitaires, énergie et eau d’irrigation !).
 
Quelles sont alors les tendances à suivre de l’agriculture connectée ?
 
 

La digitalisation sur tous les fronts

Selon une récente étude dévoilée par l'Ipsos, la communauté agricole est déjà largement équipée en solutions eFarming, avec 4 équipements ou outils utilisés en moyenne sur les 233 agriculteurs interrogés : capteur d’état de santé du végétal ou des animaux, solutions de gestion d’exploitation et de guidage par GPS, tracteurs et machines agricoles automatisées, drones et robots, outils d’aide à la décision, météo spatialisée et imagerie satellite, etc. Pour ne citer qu’eux, la liste des innovations agricoles est déjà longue ! Une tendance qui ne risque pas de s’inverser puisque 65% des sondés ont l’intention de s’équiper en objets connectés dans les années à venir !
 
Outre les outils connectés, la digitalisation est visible dans les mœurs de nos agriculteurs : 70% des agriculteurs connectés installent des applications agricoles, et ils sont 16% à en avoir au moins 5 ! Cette tendance de mobilité engendre une forte progression de la fréquentation des sites agricoles : les serveurs de collecte et de diffusion des données (élevage) ont doublé leur trafic cette année. Quant aux forums, sites de vente en ligne et sites administratifs, ils ont enregistré une hausse de fréquentation d’environ 60% chacun ! Les agriculteurs sont donc demandeurs et réceptifs aux nouvelles technologies. Mais ces dernières ne sont pas toujours accessibles pour les agriculteurs, dont 40% perçoivent un revenu inférieur au SMIC. Dans ces conditions, comment appuyer la transition vers une agriculture connectée et durable ?
 

Le crowdfunding fleurit dans nos champs !

Ça ne vous aura sûrement pas échappé, le crowdfunding révolutionne le système financier institutionnel ! Ce moyen de financement alternatif consiste à récolter des fonds en évitant les investisseurs traditionnels tels que les banques. Les plateformes de crowdfunding se sont multipliées, et leur champ d’action est vaste : projets de start-up, musique… Le public cherchant à participer à des projets agricoles peine à les trouver ! En partant de ce constat, et pour répondre au désir des consommateurs de renouer avec les producteurs, la plateforme MiiMOSA s’est développée, rapidement suivie par de nombreuses autres (Hello Merci, Ecobole…).
 
Concrètement, MiiMOSA fonctionne sur le principe du don-contre-don. Les porteurs de projets (agriculteurs ou petites entreprises du secteur alimentaire) reçoivent des financements, et s’engagent en échange à reverser des contreparties à leurs donateurs : week-end à la ferme, flacons issus des vignobles, paniers de fruits et légumes… La plateforme permet alors aux agriculteurs et éleveurs de valoriser l’image de leur filière, et de bâtir des relations à long terme avec de nouveaux clients ! Au-delà du simple financement, le crowdfunding vient donc renforcer le lien social entre les consommateurs et les agriculteurs. Prochaine étape ? Le passage à l’action !
 

« Test and Learn » : des FarmLab pour accélerer l’innovation numérique !

Arvalis, l’Institut du Végétal, s’est associé à trois autres instituts techniques (ITB, Idele et Terres Inovia) afin de développer un nouveau concept : les « Digifermes ». L’objectif premier ? Faire passer les inventeurs de la théorie à la pratique ! Au nombre de deux, ces digifermes réunissent différents systèmes de production agronomiques. Elles sont devenues des plateformes de démonstration et d’essai, véritable terrain de jeu pour les start-up numériques impliquées.
 
Depuis 2016, une série de projets ont été engagées afin d’évaluer leurs nouvelles technologies et innovations en conditions réelles. Les expériences menées doivent aider à piloter les futures exploitations agricoles avec plus de précision : « L’idée est de connecter le temps long de l’expérimentation avec le temps court du virtuel, du numérique », précise Joël Merceron, directeur de l’Institut de l’élevage (Idele).
 
Les projets d’expérimentations se multiplient :  Ferme 112 en Région Grand Est, les 1000 fermes digitales d’Invivo ou Agri’up d’Agrial. Ces projets sont essentiels pour démontrer la valeur pour l’utilisateur et permettre le déploiement de l’innovation.   
 
 
 
Finalement, l’agriculture s’illustre comme un domaine d’application privilégié des usages du numérique ! Ces innovations digitales peuvent permettre aux agriculteurs d’allier compétitivité, respect de l’environnement et meilleures conditions de travail, et surtout donner à voir au consommateur la réalité de son métier et des efforts réalisés.
 
GreenFlex est un acteur de cette révolution et s’investit dans la transformation digitale et durable des filières avec l’organisation cette année en partenariat avec l'Open AgriFood pour l'Agrickathon, évènement novateur. Le projet ? Accompagner des jeunes agronomes, développeurs et designers dans l’élaboration des plateformes numériques, qui feront l’agriculture de demain. 
 
Ces plateformes ont été concues en co-création par plus de 200 acteurs de la filière et répondent aux enjeux de la filière : lien avec le consommateur, nouveaux modes de production, numérique, etc… Nous avons apporté notre soutien à 4 projets ambitieux et nécessaires à la pérennisation de la filière agroalimentaire, pour lesquels nous espérons un déploiement rapide après l’Agrickathon qui se tiendra les 16 et 17 novembre prochain !